Ouvrir un PEA classique et un PEA-PME en parallèle n’a rien d’illusoire, à condition de garder un œil sur les plafonds : 150 000 euros pour le PEA, 225 000 euros pour l’ensemble des deux. Mais il y a une ligne rouge à ne pas franchir : seuls les titres de PME ou d’ETI européennes ont droit de cité dans le PEA-PME. Les géants du CAC 40 et leurs homologues européens restent à l’écart, exclus du dispositif.
L’impôt ne frappe que si l’on effectue un retrait avant cinq ans : à ce moment, une fiscalité spécifique s’applique sur les gains. Passé ce délai, les plus-values sortent du radar de l’impôt sur le revenu, mais restent soumises aux prélèvements sociaux. Les règles autour des versements, des retraits et de la gestion des titres sont strictes : une vigilance constante s’impose pour profiter pleinement du PEA-PME.
PEA et PEA-PME en 2025 : quelles différences essentielles ?
Le PEA classique conserve son attrait auprès des épargnants grâce à sa grande latitude : il donne accès à une vaste gamme de titres d’entreprises européennes cotées, avec des modalités souples, tout en restant centré sur les actions, parts, OPCVM et ETF éligibles au cadre européen. De son côté, le PEA-PME trace une route plus resserrée : ici, l’objectif est d’orienter l’investissement vers des PME et ETI, qu’elles soient cotées ou non, à condition qu’elles aient leur siège dans l’Espace économique européen. Les critères d’accès sont précis, qu’il s’agisse de la taille, du chiffre d’affaires ou du nombre de salariés.
Pour visualiser les plafonds et les particularités de chaque produit, le tableau ci-dessous synthétise les différences :
| Plan | Univers d’investissement | Plafond de versement | Public ciblé |
|---|---|---|---|
| PEA classique | Actions et parts de sociétés européennes cotées (hors PME/ETI non cotées) | 150 000 € | Investisseurs recherchant la liquidité et la diversification large |
| PEA-PME | Titres PME et ETI (cotées et non cotées), obligations convertibles, titres participatifs | 225 000 € (cumul PEA et PEA-PME) | Contributeurs misant sur le potentiel de croissance des moyennes entreprises |
Combiner ces deux plans permet de multiplier les opportunités d’investir dans les actions européennes, tout en fléchant une partie de son épargne vers les entreprises les plus dynamiques du continent. Cette répartition entre titulaire PEA et titulaire PEA-PME structure la démarche de ceux qui souhaitent affiner leur stratégie et bénéficier pleinement des avantages fiscaux proposés.
Ouvrir et gérer un PEA-PME reste une démarche balisée : la première étape se déroule auprès d’une banque, d’une compagnie d’assurance ou d’un prestataire financier. On met alors en place un compte titres spécifique, associé à un compte espèces. Après les versements, dans la limite globale de 225 000 euros pour le duo PEA et PEA-PME, vient le temps du choix des titres éligibles : actions, obligations convertibles, titres participatifs de PME et ETI basées dans l’Espace économique européen.
Le fonctionnement s’appuie sur deux compartiments distincts :
- Le compte espèces recueille les fonds, reçoit les dividendes et sert à régler les achats de titres.
- Le compte titres centralise tous les actifs admissibles, le plus souvent des actions de moyennes entreprises.
Transférer ou arbitrer ses titres d’un établissement à l’autre reste possible, sous réserve de respecter les critères d’éligibilité. Les retraits partiels sont ouverts à partir de cinq ans, sans entraîner la fermeture du plan. En revanche, tout retrait avant ce délai provoque la clôture du PEA-PME, hormis dans quelques situations spécifiques (licenciement, invalidité, décès…).
Le PEA-PME se concentre sur le développement des PME-ETI et accorde une certaine liberté de gestion. Toutefois, le choix des titres demande de la rigueur : seuls ceux répondant aux conditions réglementaires peuvent figurer dans le portefeuille. Ce placement se construit donc étape par étape, entre recherche de performance boursière et volonté d’appuyer la croissance des acteurs économiques européens.
Les avantages et limites à connaître avant d’investir
Le PEA-PME attire d’abord par son principe : soutenir la croissance des PME et ETI européennes tout en profitant d’une fiscalité allégée. Un de ses avantages phares : la plus-value et les dividendes issus du plan, qui, après cinq ans de détention, échappent à l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux subsistent, mais ce cadre plaît aux épargnants désireux d’accompagner de moyennes entreprises cotées ou non, en phase de développement.
Le dispositif permet de diversifier son portefeuille avec plusieurs instruments : actions de PME/ETI, obligations convertibles, obligations remboursables en actions. Le plafond global de 225 000 euros (PEA et PEA-PME confondus) offre de l’amplitude pour viser la croissance ou soutenir des sociétés en expansion.
Face à ces atouts, certaines limites s’imposent. La liquidité des titres de PME demeure inférieure à celle des grands groupes. Les moins-values sur le PEA-PME ne peuvent être compensées qu’avec les gains du même plan, ce qui différencie nettement le dispositif d’un compte-titres classique. Les retraits anticipés, avant cinq ans, entraînent la clôture du plan sauf exception. Enfin, la sélection des sociétés exige de la vigilance : seules celles qui respectent les critères réglementaires peuvent intégrer le dispositif.
La fiscalité PEA-PME s’adresse ainsi à ceux qui acceptent ces règles du jeu et cherchent un levier fiscal pour accompagner la dynamique des PME et ETI européennes.
Fiscalité du PEA-PME : ce qui change et ce qu’il faut anticiper
Le cadre fiscal du PEA-PME s’avère lisible : tant que les actifs demeurent dans le plan, aucun impôt ne s’applique sur les plus-values, dividendes ou revenus issus des titres éligibles. Ce différé de taxation encourage la capitalisation sur plusieurs années. La donne change en cas de retrait, selon l’ancienneté du plan.
Avant cinq ans, retirer le moindre euro entraîne la clôture du plan : les gains sont alors soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Au-delà de cinq ans, le régime s’assouplit : seuls les prélèvements sociaux restent dus, l’impôt sur le revenu disparaît pour les plus-values. Ce fonctionnement place le PEA-PME parmi les solutions à privilégier pour un placement à moyen ou long terme.
Un point technique à avoir en tête : les moins-values enregistrées sur le PEA-PME ne se compensent qu’avec les gains réalisés dans le même plan. Contrairement au compte-titres ordinaire, il est impossible de les imputer sur d’autres revenus financiers. Mieux vaut donc calibrer ses investissements avec soin, en tenant compte de la liquidité parfois limitée des PME et ETI cotées.
Le socle réglementaire s’appuie notamment sur l’article 157 du CGI et l’article 150-0 A du CGI. La loi Pacte a introduit la possibilité d’effectuer des retraits partiels après cinq ans sans fermer le plan : une avancée pour plus de souplesse. Cela dit, chaque retrait demande réflexion : une sortie avant cinq ans, même minime, referme définitivement l’enveloppe.
Le PEA-PME relie l’épargne individuelle à la vitalité économique. Pour l’investisseur averti, il offre ce double bénéfice : optimiser sa fiscalité et soutenir activement les entreprises qui font battre le cœur économique européen. Ceux qui s’y engagent tracent leur chemin entre stratégie patrimoniale et volonté d’agir concrètement sur le terrain.


